Il y a des musées qu'on visite par devoir.
Et puis il y a le Musée Américain d'Histoire Naturelle, l'AMNH pour les initiés, qu'on visite les yeux écarquillés, souvent en levant la tête, presque toujours en oubliant l'heure.
Une baleine bleue de 28 mètres suspendue au plafond.
Un Titanosaure de 37 mètres qui déborde littéralement de sa salle d'exposition.
Des papillons vivants qui se posent sur les épaules des visiteurs.
Des météorites qu'on peut toucher.
Un planétarium en forme de sphère géante flottant dans un cube de verre.
Et tout autour, plus de 32 millions de spécimens et d'artefacts qui racontent l'histoire de la Terre, de la vie et de l'univers depuis le Big Bang.
Et même si l'AMNH est l'un des plus grands musées du monde, il se visite comme on le veut, sans pression.
On picore ici ou là, en fonction de ses centres d'intérêts.
Une histoire qui commence dans un appartement privé
La naissance d'un rêve
Dans les années 1850, les rumeurs d'un musée d'histoire naturelle à New York City commençait à se faire entendre.
Portée par Albert S. Bickmore, un élève du célèbre naturaliste Louis Agassiz, et soutenue par des philanthropes influents, l'idée se concrétise officiellement le 8 avril 1869 au cours d'une réunion dans le salon de la famille Roosevelt, au 28 East 20th Street à New York, pour rédiger la charte qui allait établir l'American Museum of Natural History.
Ce n'est pas anodin : Theodore Roosevelt Sr., père du futur président des États-Unis, est l'un des pères fondateurs du musée.
La famille Roosevelt et le musée seront liés pour toujours.
En 1871, les premières expositions du musée furent présentées à leur premier emplacement : l'Arsenal de Central Park.
Le succès est immédiat, et le musée déborde rapidement de ses locaux de fortune.
En 1874, le président Ulysses S. Grant posa la première pierre du premier bâtiment permanent, sur la 77e Rue.
Le musée tel qu'on le connaît aujourd'hui commence à prendre forme.
L'âge d'or des expéditions
Chaque année, le musée organise plus de 100 expéditions de recherche à travers le monde.
Cette tradition de globe-trotting remonte à la fin du XIXe siècle, lorsque le président du musée Morris K. Jesup prit ses fonctions.
Durant les 28 années de son mandat (1880-1908), des ambassadeurs du musée explorent sans relâche le Pôle Nord, la Sibérie, la Mongolie extérieure, le Congo et bien d'autres régions.
À cette époque que le musée recrute des personnalités qui vont révolutionner les sciences humaines : Franz Boas, considéré comme le "père fondateur de l'anthropologie américaine", répertorie alors la culture des peuples autochtones du nord-ouest du Pacifique.
Suivi ensuite par Margaret Mead, son élève à Columbia University, qui étudiera les peuples du Pacifique Sud et d'Asie du Sud-Est, pour le compte du musée new-yorkais.
Theodore Roosevelt, l'ami du musée
La relation entre le musée et la famille Roosevelt dépasse largement la fondation.
Theodore Roosevelt, 26e président des États-Unis, chasseur, naturaliste et fervent défenseur de la conservation, entretenait avec l'AMNH un lien profond et complexe.
Roosevelt donna lui-même ses propres spécimens à la jeune collection du musée. Après avoir quitté la présidence, il pouvait se targuer d'un bilan de conservation impressionnant :
- 51 réserves ornithologiques
- 18 monuments nationaux
- 5 parcs nationaux et 4 réserves de chasse créés ou agrandis
- ainsi que 150 forêts nationales protégées
Dans le hall des mammifères africains du musée, on peut voir un groupe d'éléphants, dont l'un fut abattu en 1909 par l'ancien président Theodore Roosevelt lui-même lors d'un voyage de collecte de spécimens en Afrique, organisé conjointement par le Smithsonian.
Une époque où la "conservation" passait encore par la chasse, un héritage que le musée assume avec toute la complexité historique qu'il mérite.

Le Roosevelt Memorial Hall, inauguré en 1936, est l'entrée principale du musée.
Son style monumental en granite rose, avec ses grandes colonnes romaines, est classé monument historique.

Ce qu'on vient voir : les incontournables
Le musée compte plus de 40 salles permanentes réparties sur plusieurs bâtiment.
Il est impossible de tout voir en une seule visite, ne soyez pas trop frustrés, cela peut donner une excuse pour revenir 😁
Lucy
Le squelette de Lucy est exposé au Musée d'Histoire Naturelle de New York.
Il est si petit qu'on peut passer devant sans forcément le remarquer.

La baleine bleue du Milstein Hall of Ocean Life - 1er étage
On commence doucement, enfin presque !
Dans le Milstein Family Hall of Ocean Life, on trouve un modèle géant d'une baleine bleue suspendu au plafond : 28 mètres de long pour 9 tonnes, c'est un beau bébé !
Construit en 1960, il est basé sur des photographies d'une femelle retrouvée échouée en Amérique du Sud en 1925.
Sous la baleine, la salle elle-même est une merveille : dioramas des fonds marins, requins, céphalopodes géants...
Pour trouver le calamar géant, il faut chercher dans les recoins sombres de la salle, une vraie chasse au trésor pour les enfants.

Les salles des fossiles et les dinosaures - 4e étage
Le 4e étage abrite la plus grande collection de fossiles de dinosaures au monde, avec notamment un Titanosaure grandeur nature de 37 mètres qui tient à peine dans sa salle d'exposition.
Ce dinosaure herbivore, découvert en Patagonie et dont l'espèce n'a pas encore reçu de nom officiel, est la pièce maîtresse des ajouts récents au musée.
On y trouve aussi des squelettes quasi complets de Tyrannosaurus Rex, de Tricératops, de Stégosaure et d'Apatosaurus.
Les salles s'enchaînent en remontant le temps, depuis les origines des vertébrés jusqu'aux mammifères.
Prévoir au minimum une heure rien que pour cet étage.

Le Rotunda de Theodore Roosevelt - Entrée principale
Dès l'entrée principale sur Central Park West, on en prend plein les yeux avant même d'avoir sorti son billet.
On peut voir des fossiles de dinosaures : un Barosaurus qui protège son petit d'un Allosaurus.
Si vous avez déjà regarder le film Une nuit au Musée, c'est exactement pareil !

Le Rose Center for Earth and Space
Le Rose Center for Earth and Space est l'aile futuriste du musée.
Ce grand cube de verre abrite notamment la Hayden Sphere (planétarium) et plusieurs expositions dédiées au cosmos, à la Terre et à l'histoire de l'univers.
Avec une exposition sur 7 étages, l'expérience est très immersive et ludique, surtout dans le planétarium. Des modèles interactifs et des reproductions retracent 13 milliards d'années d'histoire de l'univers depuis le Big Bang.

Le Hayden Planetarium Space Show est une expérience à part entière : sous le dôme de 23 mètres de diamètre, un spectacle sonore et visuel emmène les visiteurs aux confins de l'univers, le tout présenté par Tom Hanks.
Le show change régulièrement, vérifiez la programmation avant votre visite.
Il faut un billet séparé en plus de l'entrée générale, mais c'est inclus dans le prix des City Pass.
On vous en parle plus en détails juste après.

Le Richard Gilder Center
Inauguré le 4 mai 2023, le Richard Gilder Center for Science, Education and Innovation représente l'expansion la plus récente du musée.
Cette aile ultramoderne de 22 000 m² répartis sur 6 étages impressionne d'abord par son architecture inspirée des canyons naturels de l'Ouest américain. Ses murs beiges arrondis évoquent les falaises et grottes des parcs nationaux américains.

À l'intérieur, trois attractions majeures : un insectarium abritant la plus grande colonie de fourmis coupeuses de feuilles des États-Unis, un vivarium où cohabitent plus de 80 espèces de papillons en vol libre, et l'expérience "Invisible Worlds", une salle totalement immersive qui fait voyager des forêts tropicales aux océans jusqu'au cerveau humain.
L'accès au Gilder Center est inclus dans le billet standard, mais le vivarium et l'expérience immersive nécessitent un billet séparé.

Les dioramas des mammifères

Les dioramas naturalistes, introduits au début du XXe siècle, constituent l'une des fiertés du musée.
Le Hall of African Mammals avec ses éléphants grandeur nature, le Hall of North American Mammals avec ses bisons et grizzlys, le Hall of Ocean Life... chaque salle est une fenêtre ouverte sur un monde disparu ou menacé.

Les gemmes et minéraux
La Star of India, un saphir de 563 carats d'un bleu profond, l'une des plus grandes pierres précieuses du monde, trône dans la salle des gemmes et minéraux.
Deux géodes d'améthyste géantes récemment restaurées font également partie des coups de cœur des visiteurs.
La salle a été entièrement rénovée ces dernières années.


Le musée au cinéma et dans la culture
On ne peut pas parler de l'AMNH sans mentionner La Nuit au Musée (2006), avec Ben Stiller.
Le film a utilisé le bâtiment comme décor, rendant certaines salles instantanément reconnaissables, notamment le Rotunda avec ses dinosaures, le Hall of African Mammals et le moaï de l'île de Pâques au Hall of Pacific Peoples.
Les fans du film reconnaîtront avec joie ce célèbre moaï au 3e étage.

Le musée a aussi servi de décor dans Le Diable s'habille en Prada et K-PAX.
Et pour les fans de la série Friends, c'est bien ici que travaille Ross Geller, paléontologue au musée pendant les premières saisons.
Infos pratiques
Adresse et accès
Le musée occupe tout un bloc de l'Upper West Side, entre la 77e et la 81e Rue, le long de Central Park West.
Pour y accéder en métro, deux options : les lignes B et C (station 81st Street - Museum of Natural History, qui porte même son nom !) ou la ligne 1 (station West 79th Street, à 7 minutes à pied).
Rien que la station de métro vaut le détour !

Trois entrées sont disponibles : l'entrée principale sur Central Park West (79e Rue), l'entrée du Rose Center (81e Rue entre Central Park West et Columbus Avenue) et l'entrée du Gilder Center (79e Rue et Columbus Avenue).
Les files d'attente sont généralement plus courtes à l'entrée du Rose Center et du Gilder Center.
Tarifs
Pour les touristes, l'entrée est payante.
- 28 $ pour les adultes
- 22 $ pour les étudiants avec carte et pour les seniors de 60 ans et plus
- 16 $ pour les enfants de 3 à 12 ans.
Les résidents de l'État de New York peuvent payer ce qu'ils souhaitent sur présentation d'une pièce d'identité.
L'entrée générale donne accès à toutes les salles permanentes, au Rose Center et au Gilder Center. Le Hayden Planetarium Space Show, le vivarium à papillons et l'expérience "Invisible Worlds" nécessitent un billet supplémentaire.
Cependant, avec les City Pass, l'accès à l'une de ces expositions est incluse.
Il faut juste choisir celle qui vous plait le plus !
Pour économiser, plusieurs pass touristiques incluent le musée : le New York CityPASS, le New York Pass et le Go City Pass permettent d'éviter les files d'attente et d'économiser sur le tarif plein.
Durée de visite recommandée
Comptez deux à trois heures pour les collections permanentes.
Ajoutez une heure supplémentaire si vous souhaitez voir une exposition spéciale ou assister à un spectacle au planétarium.
Si vous n'êtes pas pressés, vous pouvez sans soucis y passer une journée entière.
Les astuces pour bien organiser sa visite
Arriver tôt en semaine : les meilleures heures pour éviter la foule sont juste après l'ouverture à 10h en semaine. Le week-end, si on ne peut pas venir avant midi, mieux vaut arriver après 15h.
Télécharger l'application gratuite Explorer : disponible en plusieurs langues, elle propose des itinéraires thématiques et un plan détaillé du musée.
Indispensable dans ce labyrinthe de 45 salles.
Choisir son itinéraire avant d'entrer : le musée est si grand qu'on peut facilement se perdre et passer à côté des incontournables (comme le squelette de Lucy ou la statue Moaï de l'Île de Pâques)
Décider à l'avance si on priorise les dinosaures, l'espace, les océans ou les cultures humaines permet de ne pas ressortir frustré.
Ne pas manquer la Rotunda même si on ne visite pas le musée : l'entrée principale est accessible librement et vaut le détour à elle seule.
Apporter sa gourde : on peut entrer avec une bouteille d'eau.
En revanche, on ne peut pas manger dans les salles d'exposition.
Les espaces de restauration sont au rez-de-chaussée et au 4e étage, et on peut aussi pique-niquer dans le Theodore Roosevelt Park attenant.
Réserver en ligne
Cela évite les files d'attente à la caisse et garantit l'accès aux spectacles du planétarium, qui affichent régulièrement complet les week-ends.
Comment intégrer le musée dans votre semaine à New York
Le Musée d'Histoire Naturelle se prête idéalement à une journée complète, surtout si on voyage en famille.
Il est idéalement situé en face de Central Park côté Upper West Side : on peut enchaîner avec une promenade dans le parc, s'arrêter à Strawberry Fields (le mémorial de John Lennon, à 10 minutes à pied), puis remonter vers le quartier pour savourer un Banana Pudding chez Magnolia Bakery sur Columbus Avenue.
Pour un séjour de sept jours, on conseille de réserver le musée pour un jour de pluie ou de forte chaleur, c'est l'une des activités intérieures les plus complètes et les plus plaisantes de la ville, qui se vit encore mieux quand le temps ne se prête pas à la balade.
Par Laëtitia · Mis à jour le 06/05/2026 





